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Pictorama (non stop), 180 x 180 cm, acrylique sur toile,
bois, métal, 2008
Pictorama (non stop), 70,9 x 70,9 inches, acrylic on
canvas, wood, metal, 2008

Comment évoquer à la fois le travail et la consommation, et porter un regard critique sur la société à
travers une démarche plastique et ludique ?
C’est en cherchant une réponse à cette réflexion que j'ai eu l’idée d’utiliser les pictogrammes en les détournant de leur fonction d’origine. Après avoir photographié des dizaines de symboles
issus de la signalétique, je les ai redessinés par ordinateur avant de les reproduire sur de petits tableaux joignables entre eux. L’organisation de ces symboles permet de créer des associations
d’idées, ou plutôt de les suggérer. Le bonhomme en bâtons que l’on voit communément sur la porte des toilettes publiques ou aux passages piétons est le symbole référent du tableau. La variété de
ses représentations, leur juxtaposition, font de lui un personnage animé en mouvement constant, devant être capable de répondre à des fonctions très diverses. La séparation des pictogrammes fait
écho à la sectorisation du monde du travail. A l’instar du terme « ressources humaines » qui sous-entend l’utilisation de l’homme en tant que ressource, la signalétique, si elle met en garde
contre les dangers, offre une vision déréalisée de la souffrance.

Pictorama (Non stop) est une parodie de notre environnement
acidulé qui foisonne de signes et de sollicitations, tandis que la vie et le travail demeurent précaires. Du labeur aux loisirs, nous sommes submergés d’informations et maintenus dans une
activité permanente qui canalise notre énergie.
En choisissant des couleurs criardes pour représenter les symboles, j'opère avec la signalétique la même transformation que la publicité applique à la réalité. Le monde de la pub est un monde qui
encourage à vivre dans l’instant, où « le travail rend libre » et la mort n’existe pas, où les dangers sont maquillés. En résumant la vie à des pictogrammes, tout est ramené au même niveau. La
forme occulte le message, à savoir l’usure causée par le travail, qui reste l’une des première causes de mortalité.