Laure Calé                                                                               Unidentified Coloured Objects

 
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12 octobre >
17 décembre 2017

Le papier à l’œuvre,
L'œuvre papier

Château-Musée
de Tournon-sur-Rhône


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15 > 22 octobre 2017
Réalités Nouvelles #71
Parc Floral de Paris
Métro Château de Vincennes

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7 > 16 décembre 2017
Art numérique
Galerie Abstract Project
5, rue des Immeubles Industriels
75011 Paris

14 Jan > 12 Feb 2016
  De la couleur à l'espace

Mon travail est une recherche plastique et ludique sur les multiples formes que peut prendre la couleur dans l'espace. Il y a quelques années, effectuant des travaux autour du signe et du pictogramme, j'ai réalisé que la lumière et la couleur étaient au centre de mon travail. J'ai cessé de recourir aux formes narratives et figuratives qui me servaient à justifier cet intérêt pour la couleur et j'ai entrepris d'en explorer pleinement les possibilités créatives, en réduisant la forme à l'essentiel pour mettre en valeur le processus de création.
La première étape a été d'utiliser des toiles de formats courants (carré, rectangle, tondo) et d'y reporter des motifs abstraits empruntés à l'univers urbain, publicitaire ou télévisuel (panneaux, marquages, emballages, écrans). Parallèlement, j'ai commencé à réaliser des assemblages de forme polygonale en deux ou trois dimensions, composés de toiles monochromes à châssis triangulaire. Mes tableaux sont devenus des objets muraux dont le contenu, les contours et le relief cherchaient à déborder de leur support, interrogeant la pratique de la peinture à travers ses composants élémentaires. Je leur ai donné le nom de « UCOs » (unidentified coloured objects), en guise de clin d'œil aux UFOs (unidentified flying objects) car comme eux, ils peuvent sembler simplistes, fantasques et susciter la méfiance, comme c'est parfois le cas des réalisations picturales qui n'entrent pas dans le champ de la représentation classique. Quelque part entre graphisme, peinture et sculpture, ces objets minimalistes et modulaires offrent de nombreuses possibilités d'accrochage. A l'instar des individus, chacun d'entre eux possède sa propre existence tout en appartenant à une organisation plus complexe de forme variable dans laquelle sont privilégiés la perception rétinienne et le rapport à l'espace, autrement dit la relation entre l'œuvre, le spectateur et l'architecture.
La suite logique était de passer de l'objet peint à la peinture murale, à l'aide de débords, de reports et de coulures, ce qui me permet d'envisager l'espace d'exposition comme un tableau géant dans lequel les œuvres sont semblables aux taches difformes ou géométriques qui peuplent les compositions des peintres abstraits. J'aimerais bousculer d'avantage la perception habituelle de l'objet pictural, en plaçant les motifs hors de leur contexte d'origine, la peinture hors des structures d'accrochage et l'ensemble hors des lieux d'exposition officiels.


Du plan au volume

De la sculpture à l’installation, du graphisme à la peinture murale, je combine différentes techniques pour créer des compositions en deux ou trois dimensions dans lesquelles les éléments passent volontiers du plan au volume. Privilégiant une approche libre et sensorielle plutôt qu’une lecture privée et descriptive, l’espace ainsi restructuré devient lui-même un tableau dont les composants dialoguent avec l’architecture. Sur les traces de l’Op art et du minimalisme, ce va-et-vient entre la deuxième et la troisième dimension puise aussi bien ses sources dans les figures mathématiques et les jeux de formes géométriques que dans les arts du pliage et les objets impossibles, aussi appelés « figures indécidables ».
Si découper librement la couleur reste le principal moteur de mes expérimentations, le passage du plan au volume est présent dans la plupart de mes pièces. Il s'agit de composer non pas un tableau sur un seul plan, mais un objet en trois dimensions, fait de plans colorés qui se répondent et s'articulent pour former une structure géométrique. C'est en assemblant plusieurs toiles sur ce principe que mon choix s'est rapidement porté sur le triangle. Le triangle est le polygone le plus simple qui délimite une portion du plan. Il sert d'élément fondamental pour le découpage et l'approximation de surfaces. C'est une figure particulièrement intéressante, car toute forme aux contours brisés peut être découpée en triangles. La forme triangulaire se retrouve dans de nombreux objets, mathématiques ou non, et s'est chargée de symboliques diverses. Il représente avant tout la stabilité, quelle soit verticale ou horizontale. Il est à la base de nombreuses constructions et a été de fait largement adopté par les architectes. Pour le moment, j'utilise principalement des triangles rectangles et équilatéraux. Ceux-ci me permettent de réaliser aussi bien des compositions chromatiques en deux dimensions que des polyèdres convexes. La plupart des objets réalisés sont articulés et démontables.


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From colour to space

My work is a playful and artistic investigation into the multiple forms that colour can take within space. Several years ago, whilst pursuing research into signs and pictograms, I realised that light and colour were the hub of my work. Subsequently I stopped using narrative and figurative methods, which served only to justify my interest in colour and concentrated on fully exploring the creative possibilities, while reducing the forms to their bare essentials, so as to highlight this creative process.
The first step consisted of reproducing abstract motifs borrowed from urban, advertising or televisual environments (billboards, brand marks and logos, packaging, or screens) on to standard format canvasses (square, round or tondo). In parallel to this, I began to assemble two and three-dimensional polygonal forms, composed of monochromatic canvasses on triangular chassis. My paintings have become mural objects from which the subject matter, the contours and relief are trying to escape, thereby questioning the art of painting through it’s basic components. I have named them “UCOs” (Unidentified Coloured Objects) after UFOs (Unidentified Flying Objects) because similarly they appear simplistic and mysterious while arousing suspicion as is often the case of pictorial works of art, which do not fit into the classical forms of painting. Situated somewhere between graphic design, painting and sculpture, these minimalist and modular objects reveal numerous hanging opportunities. Just like individuals, each object leads it’s own existence, while belonging to more complex and varied forms of organisation in which visual perception and space appreciation are privileged, in other words, favouring the relationship between the art form, the beholder and the architecture.
The logical evolution was to move from the painted object to wall painting, using overflow, reproduction and dripping techniques, thus allowing me to consider the whole exhibiting space as one giant painting in which the art work shall resemble geometric and diffuse spots populating the abstract artist’s composition. I would also like to further jostle the ordinary perception of the pictorial object by placing the motifs outside their original context, the paintings escaping from their hanging structures and the Exhibition it’s self outside and beyond the official exhibiting sites.


From two dimensions to volume

My artwork combines various techniques, ranging from sculpture to installation, from graphic design to mural painting, in order to create two or three-dimensional compositions in which the components freely evolve from a single plane to a volume. Favouring an open and sensorial approach rather than an individual and purely descriptive vision, the exhibition space thus restructured becomes an œuvre in its self, allowing the art works to interact with the surrounding architecture. Following in the tracks of Op Art and minimalism, this constant switching between two and three-dimensional planes draws it's sources as much from mathematical figures and geometric shape games as from the art of folding and impossible objects also known as " undecidable figures ".
While color remains the driving focus of my experiments, most of my work now clearly shows the shift from two dimensions to volume. I no longer seek to produce a painting on one plane but rather a three dimensional object, made up of colored shapes which interact and move together to form a geometrical structure. It was during the assembly of several of these constructions, that the triangle rapidly imposed it’s self as the perfect shape for this work. The triangle is the simplest form of polygon with which to define a section of a plane. It serves as a fundamental element for cutting up and structuring surfaces. It is a particularly interesting figure as any shape with jagged contours can be broken down into triangles. The triangular form appears in numerous objects, mathematical or otherwise and is filled with symbolic meanings. Above all, it represents stability, both horizontal and vertical. It is the base for many constructions and has been widely adopted by architects. At present I mainly use right-angled and equilateral triangles. These shapes allow me to create both two-dimensional chromatic compositions and convex polyhedrons. The majority of my creations are articulated and can be dismantled.

 
Translated by Anastasia Barret
 
 
Laure Calé © 2017  -  12, Rond-point de l'Écureuil,  26100 Romans-sur-Isère  -  07 71 85 52 77  -  laure.cale (at) sfr.fr