Mercredi 6 mai 2009
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19:01
THEATRE
Oh, les beaux jours !
Théâtre
« Étrange ? Non, ici tout est étrange. » dit Winnie, enlisée dans un sol aride, désertique : une situation limite symbolisant le tragique de la condition humaine tout entière. Nous sommes tous
des enterrés vivants, dans l’incapacité à dominer le Temps qui, à mesure qu’il passe, nous emprisonne, nous fige et nous engloutit. « Oh les beaux jours », c’est de la métaphysique en action. Car
l’action est là, dans l’immobilité ambivalente et rituelle de la dramaturgie. Winnie se débat avec ce qu’il lui reste d’objets familiers, de gestes, de mots dans sa mémoire vacillante, de paroles
et de silences dans la répétition dérisoire du quotidien. Et puis il y a Willie, son vieux compagnon, présence à demi-cachée et peu loquace, mais sans qui elle ne pourrait exister.
À travers Winnie, Beckett en appelle au courage et à l’engagement actif du spectateur qu’il veut lucide et exigeant, dans le refus radical du consumérisme facile comme de la surenchère
spectaculaire. Par une écriture-partition à la fois évidente et insolite, il mêle humour noir et compassion pudique, banalité du langage et poétique de la déconstruction, reflétant le doute ou
l’absurde qui ronge l’existence humaine.
Conception et réalisation : Laure Calé, André
Calé
Compagnie : Le Manteau d’Arlequin
Angoulême, 2006
Par Laure Calé
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